Pietracorbara aujourd’hui

Lotissement du Santuariu. Photo D.A.

Lotissement du Santuariu. Photo D.A.

Aujourd’hui, comment se porte la commune ? En 2014, avec 616 habitants permanents, elle est nettement sortie du “rouge” et se positionne, sur le critère démographique, comme la quatrième commune de la Communauté de communes du Cap Corse qui en compte dix-huit. Depuis 2009, un nouvel équilibre existe entre la plaine – elle compte, cette année-là, 49% de la population- et les hameaux (51%). Certains équipements sont opérationnels mais d’autres demeurent à l’état de projets. La réalisation la station d’épuration de la plaine est lancée. La question de l’eau, -notamment tant que les compteurs ne seront pas tous posés – n’est pas résolue. Le réseau électrique est renforcé. Celui du téléphone a été sécurisé (arrivée de l’ADSL au village). L’école, un temps menacée, compte désormais 33 élèves (mai 2013). Un projet de nouveau groupe scolaire est lancé. Mais certains points noirs demeurent. Ainsi, l’environnement mériterait d’être mieux défendu : dépôts sauvages de gravats, carcasses de véhicules laissées à l’abandon, coupes de bois anarchiques, pistes ouvertes sans autorisation et, surtout, divagation de bovins sont les plaies habituelles de la commune. L’habitat rural pourrait aussi être mieux restauré et la bordure littorale mieux défendue contre les agressions des “bétonneurs”. Petra Viva entend se mobiliser pour que soit respectée « la nécessité vitale de conserver ce que nos anciens nous ont légué, ce patrimoine exceptionnel qui constitue nos racines et sur le respect que tout cela mérite ». Un Plan Local d’Urbanisme (PLU) devait voir le jour en 2010 puis en 2012 mais il est mort-né en raison des erreurs de conception qui ont présidé à sa rédaction. Cela n’a pas calmé la pression urbanistique subie par la commune. Elle est très forte. Et les réponses apportées ne sont pas toujours à la hauteur de l’enjeu : mitage de la plaine, constructions à l’architecture néo-provençale, toits de tuiles rouges. Existe-t-il une vision d’ensemble du développement souhaitable pour le territoire corbarais ?

Car l’avenir de Pietracorbara se joue dans l’équilibre à trouver entre sa fonction de “village-dortoir”, de “vallée banlieue” de Bastia et son développement touristique, indispensable mais qui mérite d’être pensé et maîtrisé. Pour le moment, ce tourisme est d’abord “bleu”, c’est à dire tourné vers la plage, la mer, les activités nautiques. Il est possible de mettre un peu de vert dans ce moteur en offrant d’autres activités, d’autres parcours, une autre approche de cette vallée. Revivifier les hameaux de l’intérieur par une politique volontariste de restauration de l’habitat ancien et donner de la cohérence au nouveau Pietracorbara de la plaine en créant un centre de vie (place publique, commerces) sont des pistes qui méritent d’être explorées. La vallée trouvera alors un nouvel équilibre pour affronter le XXIe siècle.

L'Orneto en été. Photo D.A. Immeuble en construction dans la plaine. Photo D.A. Lotissement du Santuariu 2.Photo D.A. Hameau de Selmacce. Photo D.A.
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